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Népal: l’ex-cheffe de la Cour suprême désignée Première ministre d’un gouvernement de transition

Népal: l’ex-cheffe de la Cour suprême désignée Première ministre d’un gouvernement de transition

L’ancienne cheffe de la Cour suprême du Népal, Sushila Karki, 73 ans, a été désignée pour diriger un gouvernement de transition à la suite des émeutes qui ont fait au moins 51 morts dans la capitale en début de semaine. Elle a prêté serment comme Première ministre ce vendredi 12 septembre.

Première femme à prendre les rênes du Népal, l’ex-plus haute magistrate du pays a prêté serment comme Première ministre ce vendredi 12 septembre. Son nom était régulièrement cité pour succéder à Khadga Prasad Sharma Oli, le Premier ministre démissionnaire.

« Félicitations ! Je vous souhaite le succès, ainsi qu’au pays », lui a lancé le président Ram Chandra Paudel à l’issue d’une courte cérémonie devant les caméras de la télévision nationale. La nomination de cette magistrate réputée pour son indépendance intervient après deux jours de tractations intenses organisées par le chef d’état-major de l’armée, le général Ashok Raj Sigdel, avec le président Paudel.

Des manifestations réprimées dans le sang

La désignation de Sushila Karki intervient à la suite de la crise la plus meurtrière survenue au Népal depuis l’abolition de la monarchie en 2008. Celle-ci a débuté lundi 8 septembre, quand la police a ouvert le feu sur de jeunes manifestants qui dénonçaient le blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites. Une vingtaine de manifestants ont alors été tués et des centaines d’autres blessés, nourrissant l’indignation et la colère de la population.

Si, le lendemain, le chef du gouvernement a tenté de reprendre la main en ordonnant le rétablissement de Facebook, Youtube et X et promis une enquête « indépendante » sur les violences policières, rien n’y a fait : des jeunes réunis sous une bannière « Génération Z » ont investi les rues de la capitale, Katmandou, et mis à sac de nombreux bâtiments publics, résidences de dirigeants politiques et autres symboles du pouvoir.

Le Parlement a quant à lui été incendié, tout comme la résidence du Premier ministre, qui n’a eu d’autre choix que de présenter sa démission. Âge de 73 ans, Khadga Prasad Sharma Oli, le chef du Parti communiste (maoïste) népalais, qui a dirigé le gouvernement à quatre reprises depuis 2015, menait depuis 2024 une coalition avec un parti de centre gauche. Il incarnait l’élite dont la jeunesse du pays, largement privée d’emploi et lassée de la corruption, exigeait le départ.

Les troubles ont fait « au moins cinquante-et-un morts […] dont vingt-et-un manifestants et trois policiers », a déclaré vendredi 12 septembre un porte-parole de la police, Binod Ghimire. L’armée a repris le contrôle de la capitale. Ses soldats en armes, accompagnés de véhicules blindés et de chars, continuaient vendredi à patrouiller dans les rues désertes de Katmandou sous couvre-feu.

Les habitants de la capitale n’ont été autorisés à sortir pour se ravitailler que pendant quelques heures dans la matinée de vendredi. Pendant ce temps-là, le grand nettoyage engagé pour effacer les traces des destructions de mardi se poursuivait. Le président a dissous le Parlement et annoncé des élections législatives le 5 mars 2026, sur proposition de la nouvelle Première ministre.

Le quartier des ministères ravagé par les émeutes, se désolent certains habitants

Au Népal, les habitants de Katmandou constatent les dégâts d’une semaine de révolution. Au moins 51 personnes y sont mortes depuis lundi 8 septembre dans les manifestations portées par la jeunesse qui ont conduit à la chute d’un gouvernement accusé de corruption. Dans la capitale, la plupart des ministères ont été détruits, compliquant la transition politique, rapporte Côme Bastin, notre envoyé spécial sur place.

Devant le bâtiment de la Cour suprême à la façade noircie par les flammes, un groupe d’ouvriers pousse des carcasses de deux-roues dans une pelleteuse géante. « Avec tous ces débris à débarrasser, le bâtiment est inutilisable pour longtemps. En attendant, ils veulent installer des chapiteaux dans le jardin pour que la Cour fonctionne », constate l’un d’eux. Plus loin, un groupe d’employés hagards est venu voir ce qu’il reste du ministère de la Santé où ils travaillaient. « Nous étions en train de coordonner les secours aux blessés quand les manifestants ont brûlé les ministères ! Toutes les archives sont parties en fumée, c’est un gâchis énorme ! », déplore l’un d’entre eux.

Au ministère des Transports installé dans un palais historique, les pompiers éteignent encore des braises. Une ingénieure craint qu’il ne faille 10 ans au Népal, un pays très pauvre, pour se remettre : « Il ne faut pas confondre les politiciens et les bâtiments au service du peuple. Désormais, où et comment le prochain gouvernement va-t-il faire son travail ? », s’inquiète celle-ci. Des porte-paroles de la jeunesse se sont désolidarisés de ces destructions perpétrées, selon eux, par des opportunistes. Ils organisent depuis deux jours des campagnes de nettoyage des rues.

Par RFI avec AFP

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