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Une arnaque au hajj émeut la Guinée jusqu’au sommet de l’État

Une arnaque au hajj émeut la Guinée jusqu’au sommet de l’État

Le porte-parole de la présidence guinéenne est intervenu pour dénoncer des escrocs qui se faisaient passer pour des proches de la famille présidentielle. L’arnaque a promis un pèlerinage à plus de 400 victimes qui ont versé, chacune, des milliers d’euros.

Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest pourtant laïcs, et pour des raisons parfois différentes, les autorités ont bien du mal à se retirer de l’organisation titanesque du hajj. Cette année, en Guinée, c’est une bien étrange affaire qui a fait sortir du bois le porte-parole de la présidence. À quelques jours de la Tabaski, le général Amara Camara a dû formuler des promesses consécutives à une arnaque liée au pèlerinage à La Mecque de 2025. Les escrocs du moment ont utilisé frauduleusement le nom de la mère du président de la transition.

416 victimes de cette arnaque se sont constituées en collectif et ont débarqué, le 27 mai dernier, à la direction centrale de la police judiciaire, dans le but de déposer plainte. Vu le caractère sensible du sujet et les sacrifices des futurs pèlerins à l’échelle d’une vie, les autorités ne pouvaient pas faire comme si de rien n’était.

Des milliers d’euros pour La Mecque

Selon le porte-parole des victimes, Amara Sylla, les faits se seraient déroulés aux alentours de la mosquée Fossidet de Conakry, lieu de culte homologué par la Ligue islamique de Guinée comme partenaire de l’organisation du pèlerinage. Si l’escroquerie était structurée en réseau, le cerveau de l’embrouille est une dame qui se serait fait passer pour une proche de la mère du général Mamadi Doumbouya.

Les personnes abusées auraient été invitées à payer, en espèces ou par virements bancaires, plusieurs milliers d’euros pour se rendre en Arabie saoudite. Des formations auraient été déployées, des uniformes distribués et des vaccins prodigués. Le 2 juin 2025, à la télévision nationale, la police exhibait la présumée coupable.

Exécutif ou judiciaire ?

Semblant se substituer à la justice, le porte-parole de la présidence promet que le réseau des arnaqueurs sera intégralement démantelé et châtié. Signe que l’affaire a ému et que l’État se sent en partie responsable de l’organisation de l’évènement religieux annuel, la déclaration officielle a même pris la forme d’un mea culpa. Pour Amara Camara, cette « épreuve » a permis de « mettre en lumière les manquements et les erreurs » de l’État guinéen dans la gestion du pèlerinage.

Il a même présenté des « excuses à tous ceux qui, victimes des abus de l’administration ou d’escrocs, n’ont pas pu effectuer le hajj ». En guise de réparation, et en attendant les conclusions des procédures judiciaires, les autorités promettent que les victimes de l’escroquerie liée à la mère du chef de l’État seront gratuitement inscrites au pèlerinage de l’an prochain. Ainsi les autorités compatissantes, consciences de l’inflammabilité des questions religieuses, espèrent-elles « consoler ceux dont le cœur a été meurtri. »

par Damien Glez
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