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La communauté internationale renouvelle son engagement contre la pandémie du sida ce 1Er Décembre

La communauté internationale renouvelle son engagement contre la pandémie du sida ce 1Er Décembre

Ce 1er décembre 2023 marque l’anniversaire de la Journée mondiale du sida. Depuis 1988, les efforts déployés pour contrer l’épidémie ont eu des résultats positifs; pourtant, le dernier rapport de l’ONUSIDA sur l’épidémie mondiale indique qu’elle n’est encore jugulée dans aucune des régions du monde.

Selon un rapport de l’Onusida, il y a encore 33 millions de personnes infectées par le VIH dans le monde, mais le nombre de décès diminue significativement depuis 2003. Cette journée comme par le passé sera l’occasion de continuer à mobiliser l’opinion sur un fléau qui touche de nombreuses personnes à travers le monde.

Chaque année, cette journée du 1er décembre est l’occasion de récolter des fonds pour la recherche et de créer un moment de solidarité envers tous les malades du sida. Pour cette nouvelle édition, de nombreuses opérations, de la distribution de préservatifs aux ateliers de prévention, vont se dérouler dans le monde entier.

Si la grippe A-H1N1 a su voler la vedette sur le plan médiatique, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) assure que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le sida, est toujours en progression. 33,4 millions de personnes étaient infectées au 1er janvier 2023 à travers le monde, selon un rapport de l’Onusida publié la semaine dernière. Soit une hausse de 400 000 malades par rapport à 2022. Toujours selon ce rapport, près de 430 000 enfants sont nés porteurs du virus en 2022 selon les données de l’organisme international.

En Afrique sub-saharienne, où le virus se faisait le plus durement sentir, le nombre de cas de nouvelles infections a reculé de 400 000, soit une baisse de 15% par rapport à 2022. Cette région concentre toutefois 67% des personnes porteuses du syndrome dans le monde et 91% des nouvelles infections touchant les enfants. Le continent asiatique, particulièrement touché à la fin des années 90, a mieux géré la maladie grâce à des programmes de prévention transnationaux.

En matière de prévention contre le sida en Afrique subsaharienne, la cause est claire : Des millions de jeunes de nos grandes capitales africaines par exemple se livrent à des activités sexuelles précoces et non protégées, aussi la société dans la quelle ils vivent est incapable pour la plus part de leur fournir les informations et le soutien dont ils ont besoin pour grandir c’est à dire atteindre la maturité et poser des actes réfléchis.

D´après ces données de l’ONUSIDA, le programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida, environ 22 millions de personnes seraient infectées par le virus du sida en 2022 en Afrique. Le sida aurait tué environ 2,1 millions de personnes en un an, tandis que 2,5 millions de personnes supplémentaires se seraient contaminées1.7 millions de jeunes de 15 à 24 ans et 590.000 enfants de moins de 15 ans sont infectés par le virus du Sida en Afrique au sud du Sahara.

Au Cameroun, selon les chiffres communiquées le 29 novembre dernier par l’ong Break The Silence, d’un taux de prévalence de 5,1% dont 6,8% pour les femmes et 4, 1% pour les hommes, 553.000 personnes vivent avec le Vih au Cameroun où le premier cas a été signalé en 1985. Le taux de prévalence chez les jeunes est de 9,9%.

La région du Centre du pays, avec ses 111.287 malades (soit 47%) de l’ensemble des malades, occupe le premier rang des personnes infectées et celle du Nord avec ses 17.418 séropositifs (soit 15%) vient à la queue du peloton.

Le Comité National de Lutte contre le Sida estime que 01 jeune sur 16, âgé de 15 à 24 ans est infecté. Cela veut dire que dans une classe de 70 élèves par exemple, on pourrait déceler 08 élèves séropositifs. Juste de quoi être inquiet.

En République Centrafricaine, 100 écoles ont été fermées en 1990 du fait des décès des enseignants. Et, 85% des 300 instituteurs morts en 2001 étaient tous séropositifs.

Qu’est-ce qui expliquerait cela ?

A ce jour, nombreux pays n’agissent pas avec assez d’énergie pour protéger la population. Si l’on ajoute des politiques de sensibilisation faibles, les moyens limités des autorités de santé publique incapables de toucher toutes les couches sociales et d’user des langues de communication appropriées, à la misère des populations pour lesquelles l’accès aux médicaments demeure une gageure, on comprend dès lors pourquoi la maladie continue de se propager en laissant derrière elle des villes ou des campagnes dépeuplées.

Les récentes enquêtes de l’association Camerounaise Break The Silence auprès des jeunes de Garoua, Douala, Bafoussam et Yaoundé au Cameroun sont révélatrices d’une situation dramatique. De cette enquête, nous pouvons retenir que ces jeunes ne disposent pas toujours d’informations précises et complètes à ce sujet. En l’absence d’informations sur la sexualité et le développement des aptitudes personnelles à la communication et à la prise des décisions, les jeunes versent dans un comportement à risque qui les expose à l’infection à IST/Sida, et aux MST.

Autre constat dans la propagation des IST/Sida en Afrique, la plus part des parents se taisent, les enseignants aussi, encore que la plus part des programmes scolaires n’ont rien prévu pour combattre ce fléau. Les jeunes s’informent donc auprès de leur partenaire sexuel avec toutes les influences négatives ou positives que cela comporte.

Selon nos confrères du journal Le Monde dans leur parution du 30 novembre 2023, A Goma, ville de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Une cité de 800 000 habitants, frontalière avec le Rwanda, on ne sait pas exactement le taux de prévalence de la maladie. Officiellement, il est d’environ 5 %. Mais l’Ouganda et le Rwanda voisins présentent respectivement un taux de 30 % et de 15 %. La coordination fait aussi beaucoup défaut entre les ONG. Du coup, peu de données globales sont disponibles pour évaluer les progrès ou non de tous ces engagements humanitaires. Les organisations congolaises de tutelle s’en plaignent. Selon elles, c’est ce qui perturbe, en partie, l’approvisionnement en médicaments.

Restent toujours, pour finir, les innombrables blocages sociétaux. Comme le tabou de la sexualité, qui empêche les parents d’informer leurs enfants des dangers du VIH. Comme le rejet et la stigmatisation des porteurs du virus aussi, qui poussent hommes et femmes, à souvent cacher leur séropositivité à leur conjoint.

« On estime que d’ici 2024 environ 5,7 millions d’enfants en Afrique du Sud (soit 32% d’entre eux) auront perdu un ou leurs deux parents à cause du sida », souligne Gail Eddy, chercheur à l’Institut des relations entre les races.

Ce chiffre représente exactement le nombre total de personnes infectées aujourd’hui au sein de la première économie du continent africain, pays comptant le plus grand nombre de séropositifs au monde.

La pandémie, qui a fait 14 millions d’orphelins en Afrique subsaharienne, touche directement les enfants et nombre d’entre eux assument des responsabilités d’adultes, les plus âgés prenants soins des plus jeunes après la mort des parents.

Une association humanitaire nigériane (City Fame) faisait allusion récemment à la pauvreté pour expliquer l’une des causes de la propagation des IST/Sida en Afrique noire. Selon la même organisation, dans plusieurs de nos villes et campagnes africaines, certaines jeunes filles ont des rapports sexuels avec des hommes âgés pour gagner de l’argent. Cette activité honteuse les expose à cette pandémie car, il faut tout faire pour s’acheter des vêtements, avoir des bijoux de haute qualité, un téléphone portable…

A l’école, selon la même source, plusieurs de nos jeunes demoiselles ne réussissent qu’à la sueur de leur « cuisse ». On les a souvent entendus dire qu’  » un coup de piston vaut mieux que cent ans d’études». Cette assertion à elle seule suffit pour tout expliquer.60% des demoiselles poursuit City Fame ne réussissent à l’école qu’en trichant ou mieux encore en se livrant à tous ceux qui les promettent le succès. Cet indice de facilité ne peut avoir de conséquences que dans la débauche et ses corollaires.

Aujourd´hui, la prostitution s’est internationalisée à travers les nouvelles technologies de l’information. L´Internet apparaît avec des sites d’agences matrimoniales de tout genre facilitant des rencontres sexuelles occasionnelles entre les jeunes.

Aussi, plusieurs médias déversent sur le continent africain des romans à moralité douteuse, il est temps pour le pouvoir public de prendre le problème à bras le corps. Les parents devront faire de l’information l’une de leurs priorités. Nos établissements scolaires ont besoin des clubs de santé qui seront gérés en partie par les élèves car, il leur sera facile de diffuser les informations à leurs camarades.

Les jeunes représentent une ressource incontournable dans la sensibilisation contre les IST/Sida. D’où l’urgence des campagnes contre les IST/Sida menées par eux-mêmes auprès d’autres jeunes Cette nouvelle méthode pratique pourra optimiser les actions de sensibilisation de proximité et constituer une riposte large et efficace contre cette pandémie.

Les tables rondes, colloques, exposés sur les IST/Sida à eux seuls ne suffisent plus. Encore que ces colloques dans la plus part des cas, ne viennent que ruiner économiquement les pays alors que les budget consacrés à leurs organisations pouvaient servir à mener une action de sensibilisation efficace et appropriée. Le passage de la théorie à la pratique demeure une priorité. Pour éradiquer ce fléau, il est aussi important que la sensibilisation soit présente partout : à la maison, à l’école, au lieu de service…

L’accélération de l’accès aux traitements antirétroviraux devrait aussi compter le soutien des dirigeants africains. On ne compte jusqu’à présent que dix pays africains qui ont entamé la politique de l’accès à ces traitements antirétroviraux, nombre insignifiant. Plusieurs d’entre ces pays n’ont toujours pas de stock disponible d’antirétroviraux.

Quant à un hypothétique vaccin, aucune étude concluante n’a, pour l’heure, encore été publiée. La meilleure façon de ne pas souffrir du sida reste donc, encore et toujours de s’en protéger. Avec, en premier lieu, l’utilisation de préservatifs dans le cadre de rapports sexuels avec des partenaires occasionnels ou douteux.

Bon à savoir : La journée mondiale du Sida a été créée dans le but de prévenir et d’éduquer pour enfin, un jour peut-être, pouvoir enrailler la propagation du virus.

Lors de cette date symbolique du 1er décembre de chaque année, les gouvernements ainsi que tous les organes de santé se succèdent pour tenir des discours prometteurs et empreints d’espoir. Initialement, l’action a été lancée en 1988, lors du Sommet mondial des ministres de la Santé sur les programmes de prévention du sida.

Depuis, la Journée mondiale contre le Sida affiche une thématique ; par exemple : Agissons, Stigmatisation et Discrimination, le Sida et la famille ou encore les enfants dans un monde avec le Sida. Cette année, en consultation avec les grands organes de santé, le programme de l’Organisation des Nations unies sur le Sida (OnuSida) a choisi comme thème : « Accès universel et droits de l’Homme ».

© Camer.be : Hugues SEUMO

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