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Si Lula arrive en tête avec 48,43 % des voix, c’est bien Jair Bolsonaro qui fait figure de vainqueur du premier tour de la présidentielle au Brésil. Le président sortant est crédité de 43,20 % des voix, 8 points de mieux que ce que lui prédisaient les derniers sondages.
Il aborde donc le deuxième tour dans une dynamique favorable. Quels enseignements peut-on tirer de ce premier tour ? Dans les derniers jours d’une campagne qui a tenu le Brésil en haleine pendant plus de deux mois, un vent d’euphorie s’était emparé des partisans de Lula. Un sondage publié la veille du premier tour donnait l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva élu dès le premier tour. Dans un climat de polarisation extrême, ses partisans se sont mis à rêver d’une victoire par KO de Lula qui allait reléguer Jair Bolsonaro aux oubliettes de l’Histoire.
Et pourtant, dès la fermeture des bureaux de vote à 17 heures (heure de Brasilia), la gauche brésilienne et le camp démocrate, qui se sont massivement mobilisés en faveur de l’ancien président, ont vécu une soirée de cauchemar.
Un écart beaucoup plus serré que prévu
Sur le site du Tribunal suprême électoral (TSE), Jair Bolsonaro est resté en tête du scrutin de longues heures, défiant toutes les prévisions. Les partisans de Lula ont dû attendre 20 h et le décompte de 70 % des voix pour voir leur champion passer devant le président sortant.
Autour de 22 h, le verdict des urnes était formel : non seulement il y aurait un deuxième tour le 30 octobre, mais celui-ci s’annonce très serré et imprévisible. À 23 h, le président d’extrême droite s’est exprimé avec gravité et a déclaré avoir « vaincu les mensonges » des instituts de sondages et des médias, l’un de ses thèmes de prédilection tout au long de la campagne.
Peu avant, Luiz Inacio Da Silva affirmait que les résultats du premier tour n’étaient « juste qu’une prolongation », assurant ses supporters un peu sonnés que « nous allons remporter cette élection ». La déception est d’autant plus grande que les longues files d’attente devant les bureaux de vote ce dimanche ont conforté les partisans de Lula dans l’idée qu’une forte participation allait projeter leur candidat vers une victoire au premier tour.
Un raz-de-marée bolsonariste
Cinq points séparent donc les deux candidats, alors que pendant des mois, les sondages prédisaient un écart d’au moins 15 points entre l’ancien président de gauche et le sortant d’extrême droite. Avec 43 % des voix, Jair Bolsonaro améliore son score de 2018 et peut envisager la victoire s’il parvient à mobiliser une partie des électeurs qui ont voté pour Simone Tebet, la candidate de centre-droit qui a réalisé 4,16 % des voix, ou pour Ciro Gomes (centre-gauche, 3,04 % des voix) et une fraction des 20,9 % de Brésiliens qui ne sont pas allés voter ce dimanche. Avec 48 %, Lula semble avoir fait le plein de voix. Lui aussi va tenter de rallier ces électeurs qui feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre.
🇧🇷🗳️ Résultats définitifs du premier tour de l'élection présidentielle au Brésil :
🔴Lula (gauche) 48,4%
🟤Bolsonaro (extrême-droite) 43,2%
🔵Tebet (centre-droit) 4,2%
🟣Gomes (centre-gauche) 3% pic.twitter.com/IzkC8YGWEu— mathieu gallard (@mathieugallard) October 3, 2022
Ce résultat rebat totalement les cartes de cette élection présidentielle que beaucoup en Europe et en Amérique scrutent de près. En effet, le président sortant enregistre aussi des résultats bien meilleurs que ce que prédisaient les sondages pour les autres scrutins du jour : ceux qui renouvellent les deux chambres du Congrès et élisent les gouverneurs des 27 États brésiliens.
En effet, avec 99 sièges, le Parti libéral (PL) du chef de l’État est en passe d’obtenir le plus grand nombre de sièges à la Chambre des députés. Au Sénat, renouvelé partiellement, le parti de Jair Bolsonaro est également en progression avec la victoire de personnalités ultra-conservatrices et particulièrement controversées.
À Rio de Janeiro, Claudio Castro, le candidat au poste de gouverneur de l’État soutenu par le président sortant a été élu dès le premier tour. Dans l’État de Sao Paulo, un deuxième tour verra s’affronter Fernando Haddad, candidat du parti de Lula à la présidentielle de 2018, à Tarcísio de Freitas, le candidat soutenu par Jair Bolsonaro et arrivé largement en tête.
La carte. Le bolsonarisme n'aura reculé que dans de rares États, comme le Minas. Le Brésil coupé en deux. pic.twitter.com/oM5Dnox1VN
— Bruno Meyerfeld (@brunomeyerfeld) October 3, 2022
Au plan national comme au niveau local, la dynamique électorale semble plus favorable à Jair Bolsonaro qu’au camp du Parti des travailleurs et de ses alliés. Gaspard Estrada, directeur de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes de Sciences-Po note cependant que « Bolsonaro, comme en 2018, fait mieux au premier tour que ce qu’avaient prévu les sondages. Je pense qu’il a bénéficié d’une dynamique de vote utile dès le premier tour et il a sans doute asséché ses réserves de voix pour le deuxième tour ». Selon lui, « Lula reste favori (…) mais il y a 30 jours de campagne devant nous et elle sera rude, avec beaucoup de coups bas. On ne peut pas exclure qu’il y ait un retournement de tendances ».
Un deuxième tour ouvert
Pendant des mois, nombre de Brésiliens craignaient qu’un Jair Bolsonaro largement distancé au premier tour jouerait son va-tout avant le second, en mettant en cause la validité du scrutin et en appelant ses partisans à bloquer le pays pour protester contre une supposée fraude électorale. Beaucoup imaginaient le second tour comme une longue attente avant de voir triompher Luis Inacio Lula Da Silva.
Pour l’ancien président, un long chemin reste à faire pour emporter l’élection, notamment dans la région charnière du Sudeste. « Une des clés du deuxième tour, c’est que Lula remonte à Sao Paulo, un État qui devait lui être acquis, selon les sondages, et qui a voté de façon très claire pour Bolsonaro. Il doit aussi maintenir son avance dans l’État du Minas Gerais et égaliser dans l’État de Rio de Janeiro. C’est dans ces États du Sudeste, les trois principaux collèges électoraux du pays [ils représentent la moitié de l’électorat, NDLR] que se joue l’élection car dans les autres États, les résultats sont conformes aux sondages. C’est là que se fera la différence de mon point de vue, la bataille sera concentrée dans ces trois États » analyse Gaspard Estrada.
Avec son score de 43 %, Jair Bolsonaro n’est finalement pas dans la position d’un candidat acculé, promis à la défaite et prêt à mettre le feu à la démocratie brésilienne. Bien au contraire, trop heureux d’avoir fait mentir les instituts de sondages et de nombreux médias brésiliens, le président sortant devrait poursuivre sa campagne sur le même ton et avec les mêmes méthodes.
Les quatre semaines de campagne qui commencent aujourd’hui au Brésil s’annoncent « très dures », prévient Gaspard Estrada. « Elle sera violente verbalement, j’espère qu’elle ne le sera pas physiquement, mais on ne peut pas l’exclure. Il faut rappeler que ces derniers temps, les candidats ont utilisé des gilets pare-balle pour faire campagne, et ça dans une démocratie, ce n’est pas normal ».
par David GORMEZANO
france24
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